L'apiculture au Cameroun

Ici c’est le sud Cameroun, avec une immense forêt équatoriale, des arbres immenses, et dedans… des essaims d’abeilles.

La rencontre avec deux grands-pères de l’ethnie Bulu, au sud du Cameroun met la puce à l’oreille. Tous deux possèdent des ruches et aiment le miel. Ces deux grands-pères sont amis. Est-ce qu’on peut les appeler « grands-pères » ? Car malgré leurs âges, ils sont encore très actifs.

Le premier grand-père, monsieur Baté, est agriculteur. Il possède de vieilles cacaoyères de 60 ans qu’il est entrain de « rajeunir » avec l’aide de sa femme. C’est-à-dire qu’ils partent dormir en brousse, pour mettre en terre la banane plantain en premier lieu. Car c’est elle qui fera de l’ombre aux jeunes cacaoyers qu’ils planteront quelques mois plus tard. Seulement la banane ne produira que dans un an, et le nouveau cacao dans 4 ans. Aussi pour avoir un revenu en attendant, ils plantent la pistache, une cucurbitacée qui sera récoltée dans l’année. Mais de retour au village, ce monsieur s’en va observer ses 5  ruches. Observer l’entrée seulement car il n’a pas d’enfumoir pour pouvoir les ouvrir.

Le deuxième grand-père, Papa Bengo, est menuisier. Il ne possède qu’une ruche peuplée pour l’instant, à l’ombre sous un bananier. Il ne l’a jamais ouverte car il ne possède pas non plus l’équipement nécessaire. Il aimerait bien l’acheter, mais il manque de moyen. Et il a déjà cherché un enfumoir à Yaoundé, la capitale, mais il n’en a pas trouvé. Donc pas de récolte de miel pour l’instant, quel dommage ! Cependant il est motivé, et commence la construction de 5 nouvelles ruches. Des ruches comment ? Kenyanes bien sur car c’est le format souvent utilisé en Afrique. Mais comme il est curieux et bon menuisier, il a décidé de se lancer dans la construction d’une ruche dadant, comme ça, juste pour essayer.

Nos deux grands-pères aimeraient se faire former pour pratiquer d’avantage l’apiculture. Mais les formations sont rares et couteuses. L’apiculture n’est pas une activité à part entière au Cameroun, c’est un petit complément de revenus au mieux. Mais ces deux-là, ils voudraient en faire plus, ils sont curieux et veulent en savoir davantage. Ils ne connaissent pas la répartition du couvain et du miel sur un cadre, connaissent approximativement la dynamique d’essaimage et pour eux la seule manière d’agrandir le cheptel est la capture d’essaims. Hors la division, méthode simple de multiplication leur est inconnue. La division est aussi possible avec les ruches kenyanes. Curieux de cette méthode, ils décident donc de construire des ruchettes pour tenter des divisions lorsque « dieu leur aura accordé de trouver l’enfumoir».

Mais ils semblent déterminés. A la saison prochaine, qui sait le cheptel aura peut être doublé. 

La suite au prochain épisode.

Jaï Sinelle

SupAgro IRC Montpellier

 

 

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